Camille Ringot, @doc.tca, est médecin psychiatre spécialisée dans la prise en charge des troubles des conduites alimentaires. À travers son travail et son nouveau livre, Je fais la paix avec mon assiette, elle cherche à nous aider à sortir de la culpabilité et du contrôle permanent autour de l’alimentation.
Comment savoir si on a une relation saine avec la nourriture ? Quels sont les signes qui doivent nous alerter ? Pourquoi sommes-nous devenus obsédés par la « bonne » alimentation ? Et comment se préserver quand nous sommes en permanence exposés à des images qui valorisent l’ultra-maigreur ?
Dans cet épisode, nous parlons de diet culture, de contrôle alimentaire et de la manière dont nos habitudes, notre environnement et les réseaux sociaux peuvent transformer notre rapport à la nourriture. « Si l’alimentation nourrit le corps mais enferme l’esprit, on n’est pas bien parti », résume Camille Ringot. Une conversation pour prendre du recul sur les injonctions qui nous entourent et retrouver une relation plus apaisée avec notre alimentation.
Je vous souhaite une très bonne écoute !
—
Pour découvrir les coulisses du podcast :
Pour en savoir plus sur Camille Ringot :
et son dernier livre :
Pour suivre mes aventures au quotidien :
—
Chapitrage :
00:00:00 – Dr Camille Ringot
00:01:25 – S’affranchir des règles qui nous enferment
00:03:08 – Questionner la banalisation de la maigreur
00:07:43 – Comprendre le déni dans l’anorexie
00:09:09 – Interroger la responsabilité de l’entourage
00:11:08 – Comprendre l’impact des réseaux sociaux
00:14:08 – Déculpabiliser notre rapport à l’alimentation
00:17:32 – Reconnaître quand le contrôle devient souffrance
00:20:08 – La pop culture : ce qu’elle banalise encore
00:30:14 – Questionner les injonctions genrées dans l’assiette
00:31:15 – Réapprendre à faire confiance à son corps
00:33:17 – Construire une alimentation plus apaisée
00:37:26 – Oser demander de l’aide quand on souffre
00:42:59 – Comprendre ce qui favorise les TCA
00:46:32 – Éviter de transmettre nos propres complexes
00:50:03 – Le VRAI du FAUX sur l’alimentation
01:02:27 – Prendre du recul face aux injonctions
01:05:08 – La très bonne question d’une abonnée
01:06:18 – Reconstruire progressivement l’amour de soi
source

J'ai posé la question suivante à Gemini : "En quoi la notion de "plaisir" dans son alimentation est-elle importante pour notre métabolisme?"
Voici la réponse :
Le plaisir alimentaire joue un rôle direct et mesurable sur le métabolisme, bien au-delà du simple aspect psychologique.
1. La phase céphalique de la digestion
Dès qu'un repas donne envie — par la vue, l'odeur ou le goût —, le cerveau déclenche la phase céphalique. Avant même la première bouchée, le système nerveux parasympathique active la salivation, la sécrétion d'acide gastrique et la libération d'enzymes digestives.
Un repas savouré améliore la dégradation des nutriments et optimise leur assimilation.
Un repas ingéré sous contrainte ou dégoût réduit cette réponse, ce qui peut altérer l'efficacité digestive.
2. La régulation de la satiété et des hormones
Le plaisir stimule la libération de dopamine (circuit de la récompense). Lorsque le plaisir gustatif est atteint, le cerveau enregistre l'information et libère les signaux de satiété (notamment via la leptine et le peptide YY).
Sans plaisir : le cerveau perçoit un manque malgré l'apport calorique. Cela entretient des fringales résiduelles et pousse à grignoter plus tard pour combler la frustration.
Avec plaisir : la réponse hormonale à l'insuline et aux hormones intestinales s'harmonise, facilitant la régulation de l'appétit.
3. L'impact du stress (cortisol)
Manger dans la frustration, la culpabilité ou sous le stress d'un régime strict active le système nerveux sympathique et libère du cortisol.
Le cortisol élevé augmente la glycémie et favorise le stockage des graisses, particulièrement au niveau abdominal.
Il réduit également l'efficacité de la thermogenèse (la dépense énergétique liée à la digestion).
4. La diversité et le microbiote
La recherche du plaisir mène généralement à une alimentation plus variée en textures et en saveurs. Cette diversité nourrit un microbiote intestinal riche, élément central dans la régulation du métabolisme énergétique et la sensibilité à l'insuline.
Bien! j'espère que cette mise au point sera utile pour certaines personnes 🙂
Merci pour cette vidéo, intéressante pour mettre en lumière les troubles alimentaires parfois intimement liés à notre environnement.
En revanche, poser des questions sur la nutrition à une psychiatre spécialisée en troubles alimentaires je ne sais pas si c’est très judicieux car en tant que pharmacienne nutritionniste spécialisée en nutrition féminine, je ne suis pas d’accord avec toutes les réponses.
Je m’occupe de patientes SOPK, moi-même atteinte, et banaliser le petit déjeuner sucré pour ce genre de populations, et même pour les femmes non atteintes, toutes sujettes à un cycle menstruel, sans expliquer comment le composer et protéger nos hormones, je trouve ça léger et irresponsable.
Aussi, avoir un coup de barre l’après-midi est seulement le signe d’une hypoglycémie secondaire à un manque de protéines journalières et une consommation de glucides isolée. Alors manger 4x par jour pourquoi pas, mais tout dépend du type de repas et de collation qu’on choisit.
Il y a des règles qui sont utiles et universelles, qu’on utilise en tant que professionnel pour aider les femmes à comprendre leur corps et se réconcilier avec lui.
Selon moi, il faut être très vigilant avec ce genre de sujet, surtout quand ce n’est pas votre métier !
Mais comment peut-on être apaisée si le courant va dans le sens de la minceur ? Nager à contre courant constamment c'est épuisant aussi
Sujet tellement important….Merci pour ce podcast ! ❤
Merci à toutes les deux pour cet excellent podcast ❤
31:33 Ça aurait été pertinent de se demander pourquoi, plutôt que de faire passer cela pour un trouble sorti de nulle part, déconnecté de toute cause sociale. Il faudrait notamment interroger le rôle de l’industrie agroalimentaire et la profusion de produits extrêmement palatables, conçus pour stimuler la consommation et dérégler les mécanismes de faim et de satiété.
Tout cela s’inscrit dans une société du toujours plus vite, où dormir semble ne plus compter, tandis que manger à toute heure, n’importe quoi et le plus rapidement possible est devenu la norme.
Ça fait quand même beaucoup de facteurs qui semblent peu intéresser grand monde, alors qu’ils pourraient expliquer une grande partie de certains comportements et troubles alimentaires, avec, en parallèle, la question du contrôle des pulsions que ces mécanismes contribuent justement à générer.
Il faut aussi se faire plaisir sinon on ne vit plus