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🔥 Sources utilisées pour la vidéo :
Frédéric Lordon, conférence à l’Université de Lausanne, cycle de conférences d’alternatives au capitalisme organisé par Unipoly avec Le Courrier, juin 2022. [Source de tous les extraits commentés.]
C. Hickman, E. Marks, P. Pihkala, S. Clayton, R. E. Lewandowski, E. E. Mayall, B. Wray, C. Mellor, L. van Susteren, « Climate anxiety in children and young people and their beliefs about government responses to climate change: a global survey », The Lancet Planetary Health, vol. 5, n° 12, décembre 2021. [Dix mille personnes de 16 à 25 ans dans dix pays. La détresse climatique est corrélée à l’inaction gouvernementale perçue et au sentiment de trahison, pas à l’ignorance des causes.]
Dictionnaire de l’Académie nationale de médecine, entrée « angoisse ».
É. Brissaud, « De l’anxiété paroxystique », La Semaine médicale, 1890. [La distinction d’origine : angoisse pour le phénomène physique, anxiété pour le phénomène psychique.]
« Itinéraire de l’angoisse dans l’histoire de la psychiatrie », APCOF. [L’histoire de la distinction et de ses déplacements.]
OMS, Classification internationale des maladies, 11e révision (CIM-11), troubles anxieux. [Le vocabulaire de la clinique contemporaine.]
Frédéric Lordon, La société des affects, Seuil, 2013 ; Les affects de la politique, Seuil, 2016 ; Capitalisme, désir et servitude, La Fabrique, 2010. [Les titres cités dans la vidéo.]
« Pourquoi il faut en finir avec l’éco-anxiété », Vice France, 2022. [Situe Lordon parmi les premiers à populariser la critique du terme.]
🔥 Renvois internes :
“Faut-il abolir la psychologie ?” :
Abécédaire critique (pour l’instant) avorté sur le livre Pulsion de Frédéric Lordon et Sandra Lucbert :
🔥 Pour aller plus loin :
R. W. Connell, Masculinités : enjeux sociaux de l’hégémonie, Éditions Amsterdam, 2014 (éd. originale 1995).
S. Kierkegaard, Le concept de l’angoisse, 1844.
S. Freud, Inhibition, symptôme et angoisse, 1926.
A. Cunsolo, N. R. Ellis, « Ecological grief as a mental health response to climate change-related loss », Nature Climate Change, 2018.
« Éco-anxiété : de l’angoisse à la colère », Socialter, 2022.
🔥 Chapitres :
00:00 Il paraît qu’il faut pas le dire
00:52 L’extrait de Lordon (à réécouter)
01:33 Rire du bon côté du mépris
04:29 Qui a le droit de brutaliser le débat
05:36 « Psychologiser, c’est dépolitiser »
07:11 Ça n’est QUE de la politique
09:47 Anxiété ou angoisse ?
13:32 La psychanalyse en loucedé
16:43 Quel brouillard ?
19:22 « Une idée du système des causes »
22:02 Furieux, et aussi flou que vous
23:57 Le tri des déchets, en passant
24:44 Ce que la critique a de juste
25:35 Le seul affect que la virilité tolère
source

Sensibilisez votre entourage avant les élections de 2027 !!!!
Lordon ne revendique pas de compétences psy, il est un théoricien politique. Il avance des idées. C'est comme ça que je l'ai entendu se présenter.
Celles ci se confrontent à d'autres, à la réalité, ou à d'autres définitions des mots dans d'autres domaines.
Quand on voit ce qu'il est fait politiquement de la notion d'éco anxiété, on ne peut que le rejoindre. Encore plus avec la dernière communication du gouvernement. Soyons éco actifs, éco furieux.
Tiens… Pour une fois je ne suis pas tout à fait d'accord sur toute la ligne… Je suis d'accord que le personnage est à vomir, sur son mépris sur l'usage du langage et tout ce que tu soulignes de sa posture… Mais sur le fond je crois que ce qu'il dit c'est simplement que le terme d'eco anxiété est instrumentalisé pour discréditer le vécu qui justement est plus que fondé. Il le dit d' ailleurs que c'est loin d 'être flou, ça repose sur des connaissances très claires. Donc ça ne correspond pas à SA définition de l' angoisse qui serait un phénomène individuel, et je crois plutôt comprendre ( je peux me tromper) qu'au contraire, il met en avant que ce n'est pas du tout un phénomène individuel et qu'il faut donc arrêter de le considérer comme tel pour ne pas le dépolitiser…
mais c qui ce mec…incroyable…
Lordon fait partie des gens qui ont m'ont aidé à me politiser très à gauche. De base, j'ai donc une certaine affection pour lui et j'avoue que son côté parfois virulent me faisait tantôt rire quand il tapait sur des gens de droite, tantôt tiquer quand il tapait sur des gens sincèrement de gauche comme Piketty, Rousseau ou Barrau.
Mais je dois avouer que quand j'ai compris qu'il était fan de psychanalyse, j'ai vraiment été dépité. Surtout qu'il a carrément fait un bouquin pour défendre la psychanalyse… J'aurais du m'en douter vu son amour pour le jargon abscons, surtout à l'écris. Et ça me dépasse que beaucoup de médias indépendants l'invitent pour le laisser parler sans contradiction pour défendre une discipline pseudo-scientifique qui brise les vies de beaucoup de patients.
J'avoue que votre critique est fondée et très intelligente, comme d'habitude. Elle me donne matière à réfléchir.
Concernant l'histoire du "brouillard", je crois qu'il essaye bêtement de dire que les gens ne comprennent pas que le capitalisme est la cause de tous nos maux et qu'il faut le détruire. C'est comme ça que j'ai toujours compris cet extrait, mais je peux me tromper. C'est un peu présomptueux de sa part évidement, parce que je pense que beaucoup de gens comprennent très bien et ne veulent juste pas détruire le capitalisme.
Merci à vous pour ce travail critique toujours aussi nécessaire.
merci de mettre des mots sur cette impression que j'ai en l'écoutant
Moi qui n'écoute pas vraiment Lordon et les commentateurs de ce genre de concept, je trouvais juste "bêtement" que l'éco-anxiété c'était assez logique.
Du coup je n'y avais jamais pensé comme ça, mais à l'écoute de l'extrait du début je me dis que dire que parler d'anxiété à propos de l'environnement est psychologiser pour dépolitiser, en fait, c'est aussi bête que de dire que les syndrômes post-traumatiques seraient un moyen capitaliste de dépolitiser la guerre…
Je vais être complètement honnête j'avais uniquement retenu de ce passage de Lordon (qui avait été relayé sur A Gauche et sur Ethique et Tac je crois) que l'Eco Anxiété c'était le terme dépolitisant créé par la bourgeoisie des plateaux TV pour créer de nouveaux sujets d'émissions pour parler de ce problème plutôt que de régler le problème sous jacent à ladite anxiété. Et j'avais uniquement retenu sa formule finale sur le fait d'être "Eco Furieux".
Donc effectivement vu que j'ai une formation surtout en histoire de l'énergie et en physique appliquée (thermique du bâtiment principalement) j'ai complètement occulté dans mon esprit ce passage à la psychanalyse et des termes non opposables scientifiquement (ou qui ne tiennent pas l'opposition).
Et aussi le fait qu'il en appelle à l'ignorance de l'auditoire sur la cause du problème.
Bref, venant d'un conseiller Energie/Climat (dans le domaine du bâtiment) comme moi il va falloir que je me muscle un peu pour lutter contre ce processus de monopolisation du capital culturel/intellectuel que des gens comme Lordon essayent de nous imposer parfois.
Ils sont sensés nous armer pour l'avenir, pas nous désarmer pour leur plaisir.
Merci Za 🎉 pour tout ce travail fourni ! Écouter Lordon pendant 3h a dû être pénible.
Et merci d'avoir utilisé le mot truculent.
À bientôt
Love ❤
Pour moi le terme eco-anxiété (où la réalité qu'il décrit) relève plus du rapport à son impact individuel sur le dérèglement climatique/environnemental plutot que la peur des conséquences en général de ce dérèglement.
Et dans ce sens sa cause n'est pas tant ce qui cause la crise écologique que l'individualisation de la responsabilité que les capitalistes veulent nous faire avaler.
Je trouve donc qu'œuvrer à transformer cette anxiété en colère est utile, et ca peut se faire en cassant sa propre culpabilisation individuelle au profit d'un combat politique collectif.
Lordon est insupportable et élitiste c'est clair, je trouve qu'ici il pose très mal les choses. Mais je comprends qu'on soit agacé du sujet de l'ecoanxiété quand il n'est pas traité d'un point de vue critique comme tu le fait.
Perso la réalité de la violence du monde m'est insupportable, je suis psychiatrisé, et je serais très en colère si un psy me disait que je suis eco anxieux, ou patriarco anxieux, ou pauvre anxieux, ou homophobo anxieux etc. J'arrive pas à poser les mots sur pourquoi ça m'enerve mais il y a truc très psychologisant (dans le sens dépolitisant) quand même dans ce terme
J'ai découvert ta chaîne il y a peu et apprécie la manière dont tu abordes les sujets, avec beaucoup de sensibilité et de délicatesse. Tes propos sont structurés et la façon dont tu amènes les sujets est intelligente. Ceci pour préciser que je m'adresse à quelqu'un que je respecte pour le travail qu'il fait en tant que youtubeur.
Ceci étant dit, passons maintenant à la critique de ton analyse sur l'intervention de Lordon. Pour pouvoir te répondre correctement, j'ai visionné de nouveau sa conférence qui date un peu (2022, du coup l'IA et la bulle d'investissement y est complètement absente de son analyse). D'abord, l'extrait choisi (récupéré sur la chaîne "à Gauche" ?) n'est pas du tout représentatif de ce qu'il dit dans cette conférence. Le thème est l'écocide, plus précisément l'anthropocide, le capitalocène et la nécessité de changer de modèle de société (détruire le capitalisme, si je reprends ses mots).
Au sujet de son imitation des jeunes*, je pense que tu es complètement passé à côté de son jeu. Le constat étant qu'une grande partie de la population est déjà anxieuse à ce sujet, en grande majorité les jeunes générations, et que souligner cette anxiété dans des micro-trottoirs (qui sont une mise-en-scène) sans apporter de solution politique provoque et maintient un sentiment d'impuissance et un profond désespoir. Il ne parodie pas les gens, mais l'instrumentalisation des médias et de la classe dirigeante dont le principal but est de polariser les affects et d'engendrer ainsi des comportements irrationnels, tels que la surconsommation, l'abandon de toute initiative citoyenne, le désintérêt pour la vie publique et politique, etc. Les stratégies de gouvernance se répètent à chaque crise : culpabiliser les comportements individuels, créer un sentiment d''impuissance, générer au passage une dissonance cognitive (très efficace la dissonance), se présenter comme unique solution (dans ce cas précis le technosolucionisme, dont Lordon parle dans sa conférence avec la géo-ingénierie). C'est de ça dont il s'agit quand il parle de *psychologiser les choses afin d'empêcher toute action politique.
Lorsqu'il dit la cause est en permanence laissée dans le brouillard*, ça me semble plutôt clair. Le capitalisme en tant que cause est une notion floue pour beaucoup, car il y a aussi peu de distinction entre capitalisme – économie de marché, qu'entre propriété lucrative – propriété d'usage. Le *système causal dont il parle est explicité dans la conférence (9 points décrétés par le GIEC). Cela m'étonne que tu en fasses un élément élitiste alors que c'est un point fondamental pour comprendre le dérèglement climatique. Il exprime davantage une dépolitisation des consciences qu'un mépris. Co2 et énergies fossiles n'expliquent pas tout, ce sont uniquement des éléments choisis pour ne pas changer de modèle de société (qui investit massivement dans les "énergies vertes" d'après toi ?).
Après, concernant le choix entre anxiété et angoisse, je n'ai rien à redire. Lordon est un économiste, à ses heures philosophe, pas psychologue.
Je te rejoins sur deux points : ne pas trier ses déchets est un acte militant proche de la branlette intellectuelle, même si effectivement cela fait des économies aux industriels et les déresponsabilise, puisque c'est l'Etat et les citoyens qui prennent en charge ce problème.
Deuxième point : les gens les plus anxieux sont en effet les plus conscientisés et, donc, les plus investis dans des associations.
Ceci dit, ce n'est pas contradictoire avec le jeu médiatique, puisque les questions sont orientées : on ne demande pas aux gens comment ils vivent le dérèglement climatique ou ce qu'ils en pensent, mais : "êtes-vous anxieux ?". C'est bien cette mise en scène qu'il dénonce et qui amène sa conclusion : il faut être éco-furieux. Ben oui bon sang !
Voilà. C'était un peu long mais ton approche de cette conférence par l'unique prisme de cet extrait me semblait malhonnête et l'interprétation que tu en fais pas du tout pertinente, orientée peut-être par un ras-le-bol général du personnage. C'est le sentiment que ça m'a donné.
Sinon, merci à toi pour tes autres vidéos.
Y'a vraiment plus qu'en France qu'on donne le moindre credit aux héritiers de l'escroquerie freudienne…
La psychanalyse est une supercherie pseudoscientifique.
Alors… Lordon a dit qu'il fallait être "éco-furieux" plutôt qu"éco-anxieux". Bon, le problème reste le même, puisqu' être éco anxieux c'est ne pas avoir la force de lutter et c'est subir. Et être éco-furieux peut être mortel ou être répréhensible par la loi.
Bref, Lordon a une place privilégiée dans le capital.
j'arrive tard sur le post (c'est mon seul d'ailleurs). j'ai bcp de mal avec lordon (l'emphase opacifiante). ds mon reste de famille il y a des grands fans mais je ne peux pas en parler, non parce que le débat tournerait court, mais parce qu'en qqs minutes puis heures, je me rendrais compte que je suis stupide, inculte malgré tt, que j'ai vaguement raté ma vie parce qu'en face c'est tellement plus solaire façon lordon, et que moi je suis une taupe qui a tout plaqué pour vivre comme une taupe insignifiante. mais c'est une autre histoire (très longue et pas fun du tout sinon je ne serais pas là à poster). lordon me gave donc, aussi par personnes interposées, et ça fait du bien de se sentir moins seul.
Très bonne vidéo, j’ai quelques désaccords importants sur ton interprétation de Lordon (ici). Je vais essayer de développer ça dans un commentaire…
Merci pour la video, et pour la chaine et la qualité des commentaires qui l’avcompagnent. Si j’ai l’energie d’organiser tout ce que celle ci a brassé d’experience politique de vecu personnel et de tâtonnements plus ou moins foireux j’en laisserai peut etre un mais serait il pertinent?
C'est dingue, que l'on tire une conclusion différente sur cet extrait en fonction de son propre inconscient collectif ! Selon ton inconscient collectif, le péquin moyen fait le lien direct entre la structure sociale capitaliste et le dérèglement climatique. Et dans le mien, c'est pas complètement acquis quand je vois le nombre de gens autour de moi qui soutiennent le capitalisme ou qui a minima se disent que ce n'est pas le capitalisme le problème, mais les "méchants riches", et/ou qui refuseraient absolument de voter pour un parti anti-capitaliste… Et j'imagine que la pertinence du discours de Lordon tient à la vérité dans laquelle vit l'auditeur. Et si aujourd'hui, le ton intellectuel de Lordon peut m'énerver (si on considère la violence de l'intellectuallisme), il y a aussi beaucoup de phases de ma vie où il m'a inspiré à devenir anti-capitaliste. Et si je me demande quel est l'intérêt de nous tirer dessus entre gauchiste, je comprends que tu vois au quotidien beaucoup de patients eco-anxieux et qui incarnent beaucoup de souffrances méprisées par ce discours. Alors force à toi!
Outre la forme du discours qui se veut "punchline", avec à mon avis les raccourcis réthoriques qui s'accompagnent (que je ne défends pas nécessairement), j'ai quelques désaccords avec la vidéo.
Lordon construit selon moi ce discours sur la capacité des médias à dépolitiser, et les conséquences concrètes sur la population. Je pense (n'hésitez pas à corriger si je me trompe) que ce discours était prononcé face à des militants convaincus que les médias jouent un rôle dans l'incapacité des populations à cibler les problèmes. Et que effectivement, dans ce contexte parler "d'anxiété" déplace le problème sur un terrain psychologique, afin de ne pas traiter le problème comme étant le résultat d'un système politique.
Ce qui se voit à la télé, dans certains partis politique et même dans une partie de mon entourage (je sais que ce n'est pas forcément représentatif de la population, mais je pense que ça peut mesurer une partie de la température), c'est que personne n'est contre l'écologie, beaucoup la considère même importante. Mais personne ne discute du système actuel qui nous mène à la catastrophe, selon eux la croissance, on n'y touche pas. Pire, certains journeaux (je l'ai vu sur l'express) titre que le réchauffement climatique est une réalité inquiétante, mais le capitalisme est le seul système possible pour nous sauver. Bref c'est un discours qui se veut surtout mobilisateur.
Dans un discours moins "racoleur", Aurélien Barreau avait dit plus ou moins la même chose sur ce terme. Il disait que ça ne déplaçait pas le débat sur le plus urgent. Si une population était victime d'une guerre, s’intéresser à leur mal-être n'est pas une mauvaise chose. Mais qu'il est plus urgent de dénoncer les responsable de cette guerre et de faire en sorte qu'elle cesse au plus tôt.
(Ps : ce commentaire ne se veut pas incisif)
C'est toute la distinction entre l'intellectuel bourgeois et l'intellectuel organique, le premier théorise et s'il n'est pas ancré dans la matérialité du quotidien d'une personne moyenne voire très précaires a tendance à jargonner (pour garder sa chapelle), là où l'intellectuel organique parle de son vécu, de son expérience pour la comparer avec celle de ceux qui partagent son quotidien (ses conditions matériels d'existence) pour en tirer les mêmes conclusions mais avec des mots plus intelligibles par tous( ce qui est mieux), et ce qui est malheureux, c'est que pour l'instant il n'y a presque pas d'échange entre les uns et les autres, mais qui ne vient pas, du moins nécessairement, de la base (de ceux donc qui sont dans l'affect des injustices, du dérèglement climatique, etc parce que justement ils les vivent avec plus de violences que les autres) mais qui, à mon sens, proviendrait plus de la bourgeoisie culturelle, et en réponse, bah le mépris répond au mépris, et même si je trouve cette situation très triste, elle n'en reste pas moins légitime de la part de celles et ceux qui sont méprisés, en premier.
Des personnes come Lordon auraient tout intérêt à partager elles aussi le quotidien des jeunes éco-anxieux, des ouvrières et ouvriers, et des petits employé.e.s, à l'image de Simone Weil,avant de prendre la parole pour nous.
L'éco-anxieux est celui qui croit à la fable de l'anthropocène, là où l'éco-furieux comprend le concept de capitalocène. Simple, basique.
Alors, j'ai beaucoup à dire…
1. D'abord, merci de m'ouvrir les yeux sur la nature problématique du discours de Lordon, qui ne m'avais pas touché personnellement*, mais qui j'imagine peut en effet faire du mal à d'autres.
*Je n'ai personnellement jamais pensé en écoutant Lordon que c'était drôle ou que j'étais sensé rire, et je n'avais jamais pensé dans cet extrait qu'il méprisait les jeunes : j'avais interprété ça comme un mépris de l'image que les élites (selon Lordon) se feraient des jeunes, ou de ce qu'iels (les élites) attendraient d'elleux (les jeunes). D'ailleurs je l'avais plus perçu comme de la colère et de l'exaspération face au mépris des élites que comme du mépris de sa part…
Mais force est de constater que ma perception/compréhension de son discours n'était pas partagée par tous.tes.
Et ton analyse me montre que c'est surement toi qui a raison (même si j'émettrais des réserves sur les intentions données à Lordon, car ça peut relever du procès d'intention : il pourrait être parfaitement sincère sans la moindre intention de manipulation et juste 'se tromper', on ne sait jamais entièrement les motivations d'une personne sans être dans sa tête)
2. Malgré tout, je ne renierai jamais le cœur de cet extrait de Lordon, ou du moins ce que j'en percevait comme étant le coeur (je me fiche éperdument de son choix de def pour anxiété/angoisse) :
On a le droit d'être furieux et pas juste anxieux, merde !
Vous n'imaginez pas le bien que ça m'a fait, à moi et ma santé mentale, quand je l'ai entendu dire ça.
En effet, mes émotions étaient déjà bien plus proches de la colère que de l'anxiété, et j'en avais mare que tout le monde (psy ou autres) me dise que j'étais anxieux et qu'il fallait que je travaille sur moi pour que ça me pèse moins dans ma vie… quand il suffisait de me dire que ma colère était parfaitement légitime pour que ça me pèse moins.
Alors oui, j'entends parfaitement que le fait que Lordon tente de forcer tout le monde à choisir la colère plutôt que l'anxiété est problématique et misogyne.
Mais force est de constater que la société actuelle a tendance à faire l'inverse : nous confiner d'office dans la case 'éco-anxieux' et ne surtout jamais parler de colère (probablement car la colère fait plus peur à des élites d'un monde majoritairement patriarcal).
Or les deux émotions (anxiété et colère) sont tout aussi légitimes et acceptables l'une que l'autre (enfin j'espère qu'on est d'accord là dessus).
Je trouve qu'il était donc nécessaire et bénéfique que quelqu'un repousse un peu dans l'autre sens pour une fois (même s'il l'a malheureusement mal fait).
2 bis. En plus, tu dis (si j'ai bien compris ce passage) que les études montrent qu'une forte anxiété peut être associé à plus d'action en conséquence. Mais il me semble (dites moi si j'ai tort sur ce point) que les études vont avoir tendance à classer tout état émotionnel négatif lié au climat dans 'éco-anxiété' car c'est le terme populaire, médiatisé et mis en avant aujourd'hui (et donc plus facile à utiliser pour être entendu)… comment savoir alors quelle part de ces gens (qu'iels agissent ou non) qu'on compte dans les stats sur l'éco-anxiété relèvent en réalité plus de l'éco-colère / éco-furie ?
Quoi de plus dépolitisant et démobilisateur que de nier la colère légitime de tout un pan de la société ?
3. Je tiens à dire qu'il est parfaitement possible de faire la critique du discours des petits gestes sans renier ces derniers.
Personnellement, je trie mes déchets et je ne dirai jamais à personne de ne pas le faire. Au contraire, j'aurais même tendance à dire que ça devrait être une évidence (sauf bien sur quand infrastructure n'est pas là, auquel cas ce n'est pas la faute du consommateur) que de le faire, et ça ne devrait plus être mis en avant comme un effort louable que l'on fait pour la planète.
Parce que quand même, vu le niveau d'urgence, on devrait avoir le droit de critiquer celleux qui en sont encore à nous vendre des platitudes insuffisantes pareilles (trier les décher, éteindre la lumière, couper l'eau, etc.)
Si quelqu'un.e prétend vraiment se soucier du sujet, qu'iel arrête de manger de la viande, ne prenne plus l'avion si c'était le cas, vote pour des partis sérieux sur l'écologie, consomme moins en général, manifeste contre les grosse entreprises polluantes, ou que sais-je, mais des trucs un peu plus conséquents quoi.
Attention, je ne dit pas que vous êtes un monstre si vous ne faites pas toutes ces choses (c'est très dur de suivre ses valeurs à 100%, perso j'en suis loin j'avoue). Je dis juste qu'aujourd'hui, les choses qu'on met en avant quand on parle d'environnement devraient être beaucoup plus conséquentes et politisées, et qu'on ne devrait plus avoir à s'entendre parler de tri des déchets*, ou pire encore, de gobelets en carton dans des entreprises par ailleurs très polluantes !
*Et si vous voulez vraiment parler de déchets, alors par pitié parlez de Zéro Déchets, pas de simple tri !