787 de Munich : l’alarme qu’Airbus a et que Boeing n’a pas



15 août 2026, Munich. Un 787 de Vietnam Airlines, 241 tonnes, 287 personnes à bord, quatre pilotes dont trois commandants de bord. L’avion roule, roule… et ne décolle qu’après avoir mangé toute la piste, en touchant de la queue et en abîmant ses pneus.

Le rapport intérimaire du BFU (bureau d’enquête allemand) est sorti le 28 septembre. On y apprend qu’un freinage a été enregistré côté gauche pendant toute la course au décollage. L’avion a plafonné à 168 nœuds, sous V1, sans que personne ne dise stop.

Dans cette vidéo :
→ ce que dit (et ne dit pas encore) le rapport
→ pourquoi on ne « sent » plus un avion de 240 tonnes freiner
→ le chrono qu’on lançait au décollage sur Super Étendard, et l’acceleration check de l’US Air Force
→ 40 ans d’accidents qui réclamaient déjà une surveillance de l’accélération
→ l’alarme qu’Airbus a mise en place… et que Boeing n’a pas
→ ce que l’équipage a très bien fait, et qui a probablement sauvé tout le monde

Pas de procès d’équipage ici, mais une question que toute l’industrie doit se poser avant le prochain événement.

00:00 Munich, 15 août : 240 tonnes au bout de la piste
01:14 Ce que dit le rapport intérimaire du BFU
01:42 Un freinage enregistré pendant la course au décollage
02:33 La courbe : l’accélération qui s’arrête à 168 nœuds
03:35 Pourquoi personne n’a dit stop ?
04:51 Le chrono du Super Étendard et l’acceleration check de l’USAF
05:24 Qui fait quoi au décollage : PF, PM, 80 nœuds, V1
06:36 Le piège de V1
07:04 Pourquoi la ligne ne surveille pas le temps
08:07 1987-2017 : les accidents qui l’annonçaient
09:11 L’alarme d’Airbus… et ses limites
09:46 Faut-il changer les procédures de décollage ?
10:44 Ce que l’équipage a très bien fait
11:32 10 secondes de sidération
12:18 Train, changement de pilote et vidange de 62 tonnes
13:09 Posé à 143 nœuds : la culture juste en action
14:05 D.BRIEF, D.PLANE et fly safe
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23 Comments

  1. Très intéressante video.
    Pour la surveillance de l’accélération au décollage il y avais une procédure dans les compagnies de brousse pour qui je voler dans le nord. Quand la condition de piste passe de l’eau et la terre battue a la glace et la neige en moins de 3 mois.
    On prenait un point de repere au 1/3 de la surface total de décollage et si on n’avais pas atteint 60kt a ce point là on arrêté.

  2. Avec des freins , c’est certain qu’atteindre une vitesse de décollage sous contrainte de longueur de piste , demande que mettre + de gaz qu’à l’habitude sur le meme avion. .

  3. Bonjour
    Mais de nos jours l'ordinateur pourrai tout estimer plus précisément que le pilote.
    Ce dernier ne doit plus interrompre le décollage quand la vitesse V1 est atteinte. Mais en fait sa capacité à s'arrêter dépend également de la longueur de piste restante. Or il me semble que ce paramètre n'est pas du tout pris en compte. On pourrait installer des capteurs le long de la piste qui informent l'ordinateur de l'appareil de sa position sur la piste et la machine pourrait prendre sa décision en fonction de tous les paramètres, vitesse, masse, température extérieure, altitude et longueur de piste restant (je dois certainement en oublier )Est ce que je me trompe dans mon raisonnement ?

  4. Comme passager, à partir du moment où le pilote envoie la sauce, je pense alors, vas y jeannot, continue à envoyer même après le décollage, fais nous une belle poussée et montée.

  5. Le problème du freinage peut être plus insidieux encore cf accident d'un FA10 à Besançon dans les années 90 : pas de freinage d'un des pilotes, mais frein de parc en action et décollage hors des clous, sans références extérieures avec sortie en bout de piste à la clé … 2 morts et un blessé de mémoire

  6. Je ne crois pas à cette thèse. Un cdt de bord avec 27.000 heures de vol ne peut pas faire ça. C’est impossible. J’ai posé la question à 5 cdt de bord. Ça n’a aucun sens.

  7. Merci ATE pour cette analyse intéressante et factuelle.

    Ma vision est peut être biaisée car pilote de planeur mais pas de Liner mais voici ce qui me vient à l'idée sur le fait de la rentrée du train : Le Captain flying sait probablement qu'il "arrache" l'avion du sol avec un badin anémique – il n'avait pas vraiment le choix, car v1 dépassée depuis longtemps et qu'il n'avait quasi plus de piste devant lui.
    Quand il tire le manche au point de faire toucher l'arrière, je suppose qu'il sait qu'il n'a pas tout à fait la vitesse requise mais qu'il tente quand même le tout pour le tout, sachant que si ça ne décolle pas, ils se transforment probablement tous en chaleur et lumière en bout de piste.
    L'avion ayant été arraché du sol à une vitesse inférieure aux minimas, il serait entendable qu'il y ait eu une rentrée du train dès que possible pour réduire la trainée de l'avion et lui permettre d'accélérer plus vite pour aller récupérer les précieux Km/h manquant.
    Or, si l'équipage n'a pas compris qu'il y avait eu une action de freinage quasi permanente durant toute la phase de décollage, il n'avait peut être pas conscience non plus que le train et les pneus pouvaient avoir été abimés ?
    Just my two cents

  8. Ate, bonjour

    Je pense que l'excuse

    On a trop mangé sur la piste pour s'arrêter est à mon humble avis avec le respet que je vois dois et de ce qui le pensent est tout à fait fausse

    L'avion à extrement roulé trop longtemps sur la piste jusqu'au bout des 4 km alors que le 787 grand max c'est 2 km.
    Au bout de 3k, il y a un moment où on se dit

    '' assez de marge pour freiner d'urgence

    Ate, je vous le dis les pilotes ont fait une bavure et sont responsable d'une catastrophe évitée de justesse

    Les ecolo allemands ont été furieux (et on comprend) devant une telle absurdité pour le largage de carburant avant retour au sol

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